1° Diagnostic
Première étape : S’agit-il réellement d’un cas d’insomnie ?
L’insomnie est définie comme : Une difficulté d’endormissement et/ou une mauvaise qualité de sommeil et/ou un sommeil non réparateur S’accompagnant de conséquences diurnes négatives.
Depuis combien de temps le patient souffre-t-il d’insomnie ?
Moins de 3 semaines : insomnie de courte durée.
Plus de 3 semaines : insomnie de longue durée.
Quel est le rythme sommeil/éveil du patient ?
« Combien de minutes vous faut-il pour vous endormir ? »
Vous réveillez-vous pendant la nuit ?
A quelle fréquence ?
Pendant combien de temps restez-vous éveillé(e) ?
Combien d’heures dormez-vous par nuit ? Que pense le patient de son sommeil ?
De combien d’heures de sommeil pensez-vous avoir besoin ?
En était-il autrement précédemment ?
L’insomnie a-t-elle des conséquences sur l’activité du patient en journée ?
Cette question permet de vérifier s’il s’agit d’une insomnie supposée.
Etes-vous fatigué(e) pendant la journée ?
Etes-vous tendu(e) ou irritable pendant la journée ?
Deuxième étape : Eclaircissement sur l'insomnie
Le patient a-t-il une idée de la cause de son insomnie ? Si le patient n’en a aucune idée, tâchez de déterminer : Si des sources de stress peuvent expliquer l’insomnie. S’il y a des facteurs d’entretien, comme en cas de conditionnement Quelles solutions le patient a-t-il déjà essayées afin de résoudre le problème ? Quelles sont les attentes du patient en ce qui concerne l'approche de l'insomnie?
Troisième étape: Vérification des hypothèses du paysage diagnostique
Le généraliste dresse un paysage diagnostique:
Une anamnèse et un examen clinique ciblés permettent d’exclure les causes les plus graves :Les patients atteints du syndrome d’apnées du sommeil ne se plaignent généralement pas d’insomnie mais sont gênés par de la somnolence en journée. Les céphalées matinales sont également fréquentes. Bien souvent, l’hétéroanamnèse met en évidence le ronflement puissant. En outre, le patient a souvent un excès de poids ou de l’hypertension.
Si ces causes ont été exclues, d'autres hypothèses doivent être examinées à l’aide des questions suivantes :
Au cours des dernières semaines, un changement important est-il intervenu dans la vie du patient ou des événements se sont-ils produits pour lesquels le patient se fait du souci ?
Sonder sur les problèmes psychosociaux (dispute, conflit relationnel, stress, etc.) susceptibles d’entraîner un surmenage, l’impossibilité de se détendre ou la difficulté à trouver le sommeil. Des changements d’humeur ou des angoisses sont-ils apparus au cours des dernières semaines ?
Sonder sur les affections psychiatriques (troubles de l’angoisse et de l’humeur, dépression non suicidaire, etc.).
Les troubles du sommeil en cas de dépression se caractérisent par un réveil prématuré. Des troubles de l’endormissement, des réveils multiples, des cauchemars (angoissants) et une hypersomnolence peuvent également être observés chez les patients dépressifs. Bien souvent, la dépression s’accompagne d’un sommeil REM accru ou d’un sommeil REM anticipé. Dès lors, les patients se plaignent parfois davantage de leurs rêves ou de leurs cauchemars. Contrairement à la plupart des autres situations dans lesquelles l’insomnie survient, la fatigue ressentie par les patients dépressifs n’augmente pas mais diminue au fil de la journée. Enfin, si l’insomnie s’accompagne d’autres plaintes, parfois imprécises, il convient également de penser à une dépression masquée.
Outre l’insomnie, d’autres plaintes physiques sont-elles constatées ?
Interroger sur les symptômes physiques ou les affections somatiques chroniques. Qu’en est-il des conditions de vie et de travail du patient ? Interroger sur toute perturbation du rythme diurne/nocturne (ex. : travail par postes, décalage horaire, hospitalisation, mauvaise hygiène du sommeil, etc.).Quelle est la consommation de produits excitants (alcool, café, tabac, etc.) et de médicaments du patient ?
Existe-t-il des symptômes spécifiques qui peuvent indiquer des maladies typiques du sommeil ?
Interroger sur le syndrome des jambes sans repos (restless legs syndrome) et le mouvement involontaire des jambes (periodic limb movement disorder) (quatre caractéristiques : sensations désagréables dans les jambes, augmentation des troubles du mouvement au repos, diminution en mouvement, observation d’un rythme circadien).
Examens complémentaires
Il convient de procéder à un examen physique uniquement si l’anamnèse a révélé des pistes en ce sens. Au besoin, des examens techniques peuvent être prescrits (ex. : prise de sang avec mesure de la TSH s’il y a suspicion de pathologie thyroïdienne). Le patient doit être envoyé dans un laboratoire du sommeil s’il y a suspicion d’apnées du sommeil, de narcolepsie, de syndrome des jambes sans repos ou de mouvement involontaire des jambes. L’examen au laboratoire du sommeil ne sera toutefois pertinent que si le patient n’est pas sous benzodiazépines.